Au début de son autobiographie, Sigismund Neukomm affirme qu’il n’est pas un prodige « comme l’immortel Mozart ». Pourtant, de son vivant, il est très célèbre. Son œuvre, beaucoup éditée, est jouée lors d’occasions solennelles – au Congrès de Vienne, par exemple, pour les commémorations de la mort de Louis XVI ou à la cathédrale de Notre-Dame pour l’entrée de Louis XVIII dans Paris. Il est l’ami de musiciens de renom tels que Dussek, Cherubini, Grétry, Gossec, Monsigny ; le collaborateur de Cavaillé-Coll ; le musicien du prince de Talleyrand ainsi que des cours russe et portugaise ; l’élève préféré de Joseph Haydn ; le professeur du fils de Mozart.
La liste de récompenses qu’il reçoit pour son travail commence en France par la croix de chevalier de la Légion d’honneur et continue par celles décernées par bon nombre de pays européens : l’ordre du Christ et de la Conception (accordés par le roi du Portugal) ; l’ordre de l’Aigle rouge de Prusse ; l’ordre du Faucon blanc de Saxe-Weimar ; la médaille en or du couronnement du roi de Prusse ; la grande médaille du roi Louis-Philippe ; la grande médaille pour les savants de l’empereur d’Autriche et du roi de Saxe ; la grande médaille en or à l’occasion de l’érection du monument de Gutenberg à Mayence ; la médaille de la grande exposition de Londres ; le diplôme de docteur en musique de l’Université de Dublin. Puis, il ne faudrait pas oublier les académies desquelles il est membre : des Arts de Berlin ; de Santa Cecilia à Rome ; de Stockholm ; de Saint-Pétersbourg ; de Vienne ; de Salzbourg ; de Wurtzbourg ; d’Anvers ; de Gand ; de Boston ; de Suisse ; de Cologne ; de Mayence ; etc. Ce nombre est peut-être proportionnel à celui des pays par lesquels il passe (et où son œuvre est composée et jouée) : au cours de sa vie, il sillonne l’Europe de l’est à l’ouest et, en plus de l’Amérique latine et de la Russie, il se rend aussi en Afrique.
De nos jours, les enregistrements et les rééditions commencent tout juste à faire revivre ce personnage – au Brésil, surtout, où sont sortis récemment trois volumes de ses compositions, mais aussi en France et en Allemagne. En France, c’est bien « l’immortel Mozart » qui semble lui venir en aide…